Vino Business par Isabelle Saporta

L’éditeur annonce le livre ainsi : « Cette enquête inédite et approfondie dévoile pour la première fois la face cachée de nos vins. Un document choc qui révèle l’épopée de breuvages plombés par les pesticides, la spéculation folle qui a pris d’assaut nos vignes et nos vins, les mystères du classement des grands crus, et la cécité volontaire des autorités. Un petit monde à la cruauté sans pareille, où tous les coups sont permis. »

Disons que Monsieur Septime et moi-même n’avons pas le même éditeur et que j’excuse donc « Monsieur Albin Michel » de ne pas avoir lu La Face Cachée du Vin (dans sa version d’origine, ou dans son édition compacte).

Par contre, Isabelle Saporta l’a lu. Elle est journaliste, chroniqueuse sur Europe 1 et auteur de documentaires pour France 3. Elle est bien connue pour avoir collaboré avec Jean-Pierre Coffe (quand il avait encore « toute sa tête ») et pour avoir écrit Le Livre Noir de l’Agriculture (publié chez Fayard en 2011).

Vino Business Isabelle SaportaVous remarquerez le crachoir sous le livre, c’est pour ceux qui veulent cracher dessus… merci de bien viser.

Un livre écrit par une journaliste dont j’apprécie l’engagement, qui décrit des personnes que je connais dans un décor qui n’a pas de secrets pour moi (concernant du moins la partie girondine du livre), c’est trop bon ! Et ce livre ne manque pas de citations, toutes datées, ce qui permet de bien comprendre les positions de chacun (avouées ou pas).

Le bordelais, la Champagne, les deux régions viticoles phares au niveau national et même au niveau mondial, sont épinglées. Mais la Bourgogne ? À croire que les gens y sont plus malins, plus discrets. On pourrait évidemment étendre le sujet à d’autres régions, et le documentaire d’Isabelle Saporta qui sera diffusé en « prime time » sur France 3 courant 2014, livrera certainement plus d’informations autour de cet univers du vin français.
On constate dans ce livre que les manœuvres tournent autour de la notion de « marques de luxe », et de volumes de production, en s’appuyant sur des appellations prestigieuses car c’est ainsi qu’on « fait de l’argent ». Il y a aussi certainement un peu de blanchiment de capitaux et d’opérations défiscalisantes comme avec les œuvres d’art, les objets de collection, etc.
Sont aussi abordés : les modes de production, le fonctionnement de l’INAO (qui a été vidée de son sens), les aberrations liées à la PAC.

Le livre est facile à lire, il n’est pas méchant même si il semble écrit avec le parti pris de souligner la « folie » de certains au détriment du respect des paysans (ceux du « pays », c’est à dire qui vivent à la campagne, de leur travail de la terre, de la culture, de l’élevage…).

À peine sorti ce livre lui vaut déjà les insultes de quelques roquets au service des nantis du vignoble, des nantis et des parvenus aigris de n’avoir pu se payer leur dernier caprice (dominer le monde, s’asseoir à la table des dieux ou s’offrir je ne sais quel modèle d’Audi).

Isabelle Saporta est une journaliste, elle ne livre pas de solutions, juste une lecture des faits qu’elle rapporte avec son point de vue. Du coup je m’autorise à vous livrer une astuce pour boire sans enrichir des spéculateurs ou des magouilleurs :

Achetez du Vin de Table ou plus précisément aujourd’hui (suite à la disparition de l’appellation Vin de Table), du Vin de France, ou Vin de Table de France comme l’écrivent certains rebelles. Si vous tenez à des appellations, choisissez des bouteilles à moins de 35 euros les 75cl surtout si vous ne disposez pas d’informations détaillées (même si cela ne vous interdit pas de chercher les paysans résistants au sein des « grands terroirs » et donc aux tarifs plus élevés – la faute au foncier certainement)

Vino Business

Isabelle Saporta

Albin Michel

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